Je suis le maillon faible ?

Ola amigos,

Mon service va passer de 6 à 3 SPDM (Sous Prestataire de Merde) car les projets ne sortent pas des cartons. On parle de plus en plus de digitaliser les offres connexes sur smartphone via Twitter en mode Facebookage, mais mes dirigeants hésitent à investir les 150 millions nécessaires pour entreprendre ce projet qui semble pourtant une évidence pour tout le monde. On m’a collé un be bop dans les bras depuis Noel, et c’est dingue comme ce truc est addictif. Je suis dans le métro, je rêve de m’ouvrir un contrat Pipolio en direct via Tweeter avec mon Ipote 5. Bref, il faut rapidement débloquer des fonds pour mettre en place l’achat de nouveaux « skins » de bureau pour personnaliser mon espace bancaire sur internet. Mais rien ne vient, pas un seul fifrelin.

 

On attend fébrilement de connaître les noms des trois éliminés de mon service. Il y a un côté télé-réalité des plus effrayants. Un peu comme le conseil final de Koh lantah, les internes se réunissent et votent pour désigner les éliminés. On imagine Gruselda griffonner sur son papier « BenLori » et dire à la caméra « je vote Benlori car j’attendais de lui qu’il me fasse l’amour, et il ne me relooke pas d’un regard lubrique ».  Car oui, on peut penser que le choix se fasse sur des critères professionnels mais il n’en n’est rien. On se retrouve bien avec JV Placé secrétaire d’état par simple courtisanerie. Objectivement, personne n’a jamais compris la plus-value de ce bouffon.

 La date du conseil a lieu au prochain prime time. Et je n’ai pas trouvé de totem d’immunité pour garantir ma place. Il me faut donc user des plus vils instincts humains pour conserver mon poste une semaine de plus. J’ai connu le chômage, la faim, les humiliations de Wauquiez qui compare les chômeurs à des assistés, je ne veux plus vivre ça.

 Ainsi, tous les matins, je prends le café avec les internes, c’est à dire les votants du conseil, afin de paraître sympathique.  Ainsi, quand Gruselda me dit avoir apprécié le dernier Justin Bieberon, j’opine avoir particulièrement aimé le solo de basse sur la face B de son dernier opus. Quand Ramirez me parle de la fin tragique de Danaerys Lannister occise par quelques barbares à la solde du terrifiant nain Tyron Bouletor, je fais mine de m’intéresser alors que j’ai stoppé le visionnage de Games Of Throne après l’épisode 3 de la saison 1. (quelle daube cette série !!!).

 Et donc pour suivre les conversations et donner un avis éclairé et jamais contradictoire avec mes collègues (je ne veux pas les brusquer), il me faut connaître un maximum de choses. Ce que l’on appelle dans la profession : la veille technologique. Je dois pouvoir discuter foot avec Fatimata, musique électronique avec  Borislav, et apprécier la politique de la ville de Levallois avec Gonzague qui bénéficie d’un logement grâce à l’intervention de Patrick B. Ca demande un travail de folie de connaître tout sur tout, mais c’est le prix à payer pour tenter d’être le vainqueur de “qui veut rester en prestation”.

Je retourne lire l’histoire romaine, j’en étais resté à Caracalla, aux prises avec les affranchis numides. Comme, l’auteur de Games of Throne a intégralement pompé cette époque historique, j’ai un coup d’avance sur Ramirez qui n’est qu’à la saison 5.

 BenLori

Published in:Uncategorized |on mars 22nd, 2016 |

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