Archive for mars, 2016

BenAustrasi ?

Ola amigos,

Au 18eme siècle, Meetic existait déjà. Or le bon roi Louis le quinzième devait trouver une compagne pour faire des héritiers à la couronne de France. Actuellement sur les sites de rencontres, les mâles cherchent des femelles à gros seins mais à l’époque ce n’était pas la priorité. Il fallait que la femme soit une princesse de sang royal, jeune, et catholique. Louis XV fit donc une recherche informatique pour trouver la personne répondant aux critères de l’époque, et le programme ne lui proposa que Maria Leszczyńska.  Ce n’était pas du top choix, mais les algorithmes ne se trompent jamais, et donc c’était elle, ou passer sa vie à se masturber. Ce qui est quand même assez glauque (et peu catholique).  

 Maria était la fille du roi de Pologne, enfin, d’un des rois de Pologne. Car ce pays était constamment en guerre. Avec d’un côté le puissant royaume de Suède qui voulait faire de Stanislas Lesczynski, son sous fifre sur le trône de Pologne. Les Russes, et les prussiens, préféraient un autre type. Et bien entendu, les hommes s’étripèrent pour régler le contentieux. Toutefois, la guerre, c’est sympa 5 minutes, car ça coûte cher aux finances publiques, et ça peut être dangereux (à cette époque, les princes participaient encore aux batailles (ce que Hollande ne ferait plus)). Bref, il était quand même plus sage de se retrouver pour papoter afin de trouver un compromis. Pour Stanislas, le choix fut de lui filer le duché de Lorraine pour laisser la Pologne à son rival. Ainsi, il ne perdait pas la face, et se retrouvait à la tête d’une jolie région. Les Français, plus sournois que jamais, manigançaient aussi en coulisse, pour que la Lorraine revienne également à ce Monarque de seconde zone. Il avait une fille à marier et point d’héritier mâle. Et par quelques signatures entre puissants de l’époque, il fut convenu que la Lorraine tomberait dans l’escarcelle française à la mort de Stanislas puisque Louis XV avait pris pour épouse la fille de ce roi de Pologne déchu, devenu duc de Lorraine.

 Et c’est ainsi que je suis né français, juste à cause de la faiblesse du nombre d’inscrites sur meetic au 18eme  siècle. Si les goûts masculins en matière de femme avaient été les mêmes qu’actuellement, Louis le Quinzième aurait fait comme tous les princes actuels, il aurait pris une speakerine ou une pouffe de téléréalité et le monde aurait été profondément bouleversé. La Lorraine serait toujours un petit duché indépendant et prospère comme le Luxembourg voisin.

 On dénonce les technocrates de Bruxelles mais ça n’a rien de nouveau. Déjà au 18eme siècle, quelques « élites » décidaient que la gestion de la Pologne devait être confiée à un type, et recaser le rival à un autre poste prestigieux sans demander l’avis des peuples concernés. Tout se fit dans une totale opacité. Rebelote cette année, trois énarques parisiens, ont décidé que les lorrains devaient fusionner avec d’autres peuplades et devenir la Nouvelle Austrasie (ou Champilorialsacie, on ne sait pas encore le choix retenu).

Bref, contrairement aux vieux réacs qui ressassent que c’était mieux avant… en fait, non, ce n’était pas mieux, ni pire, c’est toujours pareil, le pouvoir appartient toujours à quelques personnes dont personne ne veut.   

  Benlori

Published in:Uncategorized |on mars 22nd, 2016 |No Comments »

Je suis le maillon faible ?

Ola amigos,

Mon service va passer de 6 à 3 SPDM (Sous Prestataire de Merde) car les projets ne sortent pas des cartons. On parle de plus en plus de digitaliser les offres connexes sur smartphone via Twitter en mode Facebookage, mais mes dirigeants hésitent à investir les 150 millions nécessaires pour entreprendre ce projet qui semble pourtant une évidence pour tout le monde. On m’a collé un be bop dans les bras depuis Noel, et c’est dingue comme ce truc est addictif. Je suis dans le métro, je rêve de m’ouvrir un contrat Pipolio en direct via Tweeter avec mon Ipote 5. Bref, il faut rapidement débloquer des fonds pour mettre en place l’achat de nouveaux « skins » de bureau pour personnaliser mon espace bancaire sur internet. Mais rien ne vient, pas un seul fifrelin.

 

On attend fébrilement de connaître les noms des trois éliminés de mon service. Il y a un côté télé-réalité des plus effrayants. Un peu comme le conseil final de Koh lantah, les internes se réunissent et votent pour désigner les éliminés. On imagine Gruselda griffonner sur son papier « BenLori » et dire à la caméra « je vote Benlori car j’attendais de lui qu’il me fasse l’amour, et il ne me relooke pas d’un regard lubrique ».  Car oui, on peut penser que le choix se fasse sur des critères professionnels mais il n’en n’est rien. On se retrouve bien avec JV Placé secrétaire d’état par simple courtisanerie. Objectivement, personne n’a jamais compris la plus-value de ce bouffon.

 La date du conseil a lieu au prochain prime time. Et je n’ai pas trouvé de totem d’immunité pour garantir ma place. Il me faut donc user des plus vils instincts humains pour conserver mon poste une semaine de plus. J’ai connu le chômage, la faim, les humiliations de Wauquiez qui compare les chômeurs à des assistés, je ne veux plus vivre ça.

 Ainsi, tous les matins, je prends le café avec les internes, c’est à dire les votants du conseil, afin de paraître sympathique.  Ainsi, quand Gruselda me dit avoir apprécié le dernier Justin Bieberon, j’opine avoir particulièrement aimé le solo de basse sur la face B de son dernier opus. Quand Ramirez me parle de la fin tragique de Danaerys Lannister occise par quelques barbares à la solde du terrifiant nain Tyron Bouletor, je fais mine de m’intéresser alors que j’ai stoppé le visionnage de Games Of Throne après l’épisode 3 de la saison 1. (quelle daube cette série !!!).

 Et donc pour suivre les conversations et donner un avis éclairé et jamais contradictoire avec mes collègues (je ne veux pas les brusquer), il me faut connaître un maximum de choses. Ce que l’on appelle dans la profession : la veille technologique. Je dois pouvoir discuter foot avec Fatimata, musique électronique avec  Borislav, et apprécier la politique de la ville de Levallois avec Gonzague qui bénéficie d’un logement grâce à l’intervention de Patrick B. Ca demande un travail de folie de connaître tout sur tout, mais c’est le prix à payer pour tenter d’être le vainqueur de “qui veut rester en prestation”.

Je retourne lire l’histoire romaine, j’en étais resté à Caracalla, aux prises avec les affranchis numides. Comme, l’auteur de Games of Throne a intégralement pompé cette époque historique, j’ai un coup d’avance sur Ramirez qui n’est qu’à la saison 5.

 BenLori

Published in:Uncategorized |on mars 22nd, 2016 |No Comments »

A bas l’humanité

Ola amigos,

 18 février 1994, match de hand au sommet en championnat de Lorraine (ancien nom de l’actuelle Austrasie ou Alcalie ou Loralsachampi, j’avoue ne plus savoir le nom de ma région). Maxéville reçoit mon club de toujours, match que tout le monde veut jouer car les deux villes sont distantes de 10 km et ça va chauffer dur comme dans tous les derbys. On peut perdre contre les bouseux de Verdun, contre les allemands de Falck sur Moselle et autres mosellans malfaisants, mais interdiction de perdre contre Maxéville.

L’échauffement se déroule dans une atmosphère pesante, j’en profite pour toiser du regard mon adversaire direct à 4 ou 5 reprises. Le but est de le marquer psychologiquement et lui faire comprendre que le type va prendre très cher dès les premières minutes.

 A 15 minutes du coup d’envoi, ça devient irrespirable, le public hostile se presse dans les tribunes, les premières insultes sont lancées. Vraiment tout est réuni pour que ça finisse mal. Sur betclic, via mon be bop, je prends déjà le pari qu’il y aura au moins deux polytraumatisés à la fin de la rencontre.

Et là, tout s’écroule….. L’arbitre de la rencontre, Pierre Pipotin, sentant la rencontre ingérable, se fit porter pâle. Le règlement est clair, il faut que chacune des équipes désigne un joueur, l’un d’eux est ensuite tiré au sort, et il devra se coller au sifflet.

 Et donc fini pour moi, les débordements virevoltants sur mon aile droite, avec tir au ras de la tronche du gardien pour lui apprendre la vie. Terminé aussi les rêves de finir top scoreur de la rencontre garantissant de passer la nuit avec quelques supportrices impressionnées. Je me retrouvais habillé en noir, muni de mon sifflet et de mes deux cartons.

 La première mi-temps démarra avec une légère domination maxévilloise, fatalement, mon adversaire profita de la naïveté de mon remplaçant pour enfiler les roucoulettes, les tirs désaxés et autres tirs javelotés. En seconde période, mon équipe, qui ne l’est plus car je suis devenu neutre, reprit le dessus mais légèrement. A la 48eme minute, mon co-équipier (mais je ne le connaissais plus puisque je vous dis que j’étais neutre) faucha un Maxévillois. L’action méritait effectivement une sanction de 2 minutes d’exclusion… mais voilà, les 80 000 spectateurs s’attendaient à un carton rouge. La fin de match fut pour moi compliquée, toutes mes décisions étaient contestées par les maxévillois qui voyaient le match leur échapper. Je n’appliquais plus à la lettre, le règlement, car normalement une contestation, c’est dehors illico. J’essayais de ne pas envenimer un match qui m’échappait totalement. Et quand la partie se termina par la victoire de ce qui devait être mon équipe, je fus conspué, raillé, vilipendé par tout un stade et tout un club.

 En tant qu’arbitre, je fis le travail avec sûrement une dose de subjectivité. 30 minutes avant le match, j’étais conditionné pour démonter mon adversaire, le numéro 17. Et pendant le match, je devais garantir son intégrité physique et le protéger des vilains coups qui pleuvaient. Ce n’était pas facile. Je le répète, je fus même partial en ne sortant pas tous les maxévillois qui me traitaient de vendu alors que le règlement l’imposait. Je fis de la justice en tenant compte du contexte particulier.

 C’est pourquoi je comprends les polémiques actuelles sur la loi El Macrony. Comme dirait l’excellent Dominique Seux (un journaliste avec une tête à claques), les patrons anxieux n’embauchent pas car la justice est trop aléatoire. L’humain, se trompe, et donc le juge prud’homal peut avoir la main lourde. Il faut donc que la justice ne soit plus humaine, elle evrait être programmée et les sentences connues à l’avance.

Si on prend mon match de handball, il aurait été plus simple d’écrire un algorithme qui désigne le vainqueur de la rencontre, plutôt que de me laisser galérer dans ce match piège qu’avait esquivé l’arbitre désigné par la fédé. J’ai frustré tout un stade. Je n’ai pas fait des anxieux comme nos patrons, mais 80 000 fous furieux voulaient me faire la peau.

 

A l’avenir, la justice (ou l’arbitrage) doit être robotisée….  Il faut supprimer les humains, ils sont stressants à avoir des sentiments, des appréciations. De quel droit, je conservais les joueurs de Maxéville sur le terrain alors qu’ils me traitaient de connard ? Une justice robotisée les aurait désintégrés comme il se doit. J’étais trop dans le feeling, si je voulais ressortir vivant du stade, j’avais intérêt à laisser couler les insultes des joueurs maxévillois. Les émotions, la peur notamment ont fait que je n’ai plus appliqué le règlement les 10 dernières minutes.

Heureusement, que ça commence à être appliqué. Si on prend les excès de vitesse, j’ai pris deux prunes lors de mes deux derniers retours en Lorraine. Pendant ce temps-là, le sémillant Jean Vincent Placé multiplie les infractions sans jamais rien payer. La justice algorithmique fait que si « Profession » du chauffard = « Senateur » alors GOTO FIN Sinon, 90 euros dans les dents. C’est ça une justice efficace. Le stressé Placé qui aime conduire vite, sait à l’avance qu’il ne risque strictement rien, donc il peut conduire sans peur et profiter de sa Safrane mise à disposition. Et pour moi, la justice robotisée me montre bien que je dois me calmer sur la pédale sinon, je vais y laisser mon froc. C’est simple et efficace. Un juge humain aurait pu estimer que Placé en tant qu’élite du pays devrait montrer l’exemple et prendre plus cher qu’un pauvre bougre comme moi, sans le sous. C’est totalement déraisonnable.

 A bas l’humanité.

 

BenLori 

Published in:Uncategorized |on mars 14th, 2016 |No Comments »

Marre de sauver le monde

Ola amigos,

L’UE a pondu de nouvelles réglementations en cas de faillite du système bancaire, ce qui implique de modifier quelques règles. Et ce magnifique projet a été confié à ….. Vous l’avez deviné… non ? Vous êtes cons ou quoi ? A moi, pardi.

Projet de portée internationale donc. Bref, du très lourd, avec obligation de fournir des résultats pour hier sous peine de sanctions financières de plusieurs milliards d’euros. Autant dire que la pression sur mes épaules est immense et je suis audité quotidiennement par le board pour connaître l’avancée de mes travaux. Si j’échoue, c’est indéniablement une tache noire sur mon impressionnant CV, et des portes qui se fermeront alors que jusqu’ici ma progression était fulgurante. Si je réussis, c’est une augmentation à 3 chiffres, des primes indécentes et probablement de nombreuses partenaires sexuelles qui voudront découvrir celui qui a sauvé le système financier international.

Vous pouvez aisément deviner la charge de travail que je produis actuellement, et le stress généré. Le tout en respectant les règles ubuesques du code du travail qui font que je suis obligé de respecter 11 heures de repos entre deux journées. Je ne comprends pas non plus qu’on m’impose 44 heures maximales par semaine, alors qu’une bête de compétition comme moi, quand elle est lancée, peut facilement travailler 28 ou 29 heures par jour.

C’est donc tout naturellement que je n’ai pas signé la pétition contre la Loi El Macrony. Alors que des millions de petits épargnants attendent que je modifie les règles de cession d’actifs sur multiplexage de contrats obligataires, des ponctionnaires et autres syndicalistes malfaisants veulent m’entraver avec leurs règles contraignantes. Il faut flexibiliser tout ça. Que celui qui veut sauver le monde puisse le faire librement.

Hier, j’étais donc de repos forcé chez moi, 11 heures à attendre pour retrouver mon bureau et mon passionnant projet. Du coup, j’étais contraint de regarder mes jardinières pour constater que mes petits semis commençaient à sortir de terre. Et là, j’ai eu un petit frisson extatique, j’étais heureux. C’est un sentiment étrange, je ne cuisine quasiment pas, et pourtant, je trouvais merveilleux de voir mon persil sortir de terre. Je réalisais alors que mon projet informatique à la con, ne me procurait pas le quart de la moitié du petit orgasme de la découverte de trois petites pousses de persil. Ce fut une révélation, c’est comparable à un vicomte vendéen qui il achète une bague ayant appartenu à Jeanne d’Arc contre 300 000 euros, j’étais enfin fier d’une de mes réalisations.

Je comprends mieux pourquoi El Macrony veut nous faire travailler plus… pendant nos repos, on peut découvrir des plaisirs bien plus agréables que les projets totalement merdiques qu’on nous refile au bureau. Je n’avais pas conscience que jardiner, c’est autrement plus intéressant que d’analyser des flux financiers en euro constant.

Un ancien président qui veut le redevenir avait dit « les 35 heures, c’est nul, les gens  préfèrent travailler plus pour s’acheter des choses ». Quel connard, regarder pousser du persil, c’est beau, c’est grand, c’est puissant. Et ça ne coûte quasiment rien.

Ce matin, j’ai apporté des jardinières au bureau, je fais pousser du thym, du romarin, je m’en fous des sanctions européennes pour non-conformité des taux euribor sous taxation tracfin.Voilà 6 heures que je regarde si mon romarin sort du sol, rien ne se passe pour l’instant, mais c’est beau cette terre qui travaille.

BenLori

Published in:Uncategorized |on mars 10th, 2016 |No Comments »

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