Archive for août, 2015

Extrait de l’Equipe du 18 aout 2015

L’Equipe – 18 aout 2015 – Boulogne Billancourt

BenLori établi un nouveau record du monde.

 Le champion BenLori a encore battu un nouveau record, celui d’avoir codé et testé un programme de niveau complexe évalué à 10 jours de charge, en 14 heures, 34 minutes et 12 secondes. Celui qu’on surnomme le Mac Enroe de l’informatique, a éclaté le précédent record établi en 2012 par l’Indien Rajiv Ramalav, mais en cette période de suspicion généralisée, les suiveurs sont dubitatifs et les rumeurs vont bon train (dopage ? aide extérieure ?).

 Interview du champion :

Comment peut-on réaliser en moins de deux jours, un programme évalué à 10 ?

Les abaques qui calculent les charges sont calibrés pour des grouillots de pacotille. Ensuite, le programme réalisé est un classique du genre, donc avec l’habitude, on réalise des copier/coller à une vitesse phénoménale, en partant de morceaux de code existants. Ma seule qualité est de connaître la localisation des codes existants et de les adapter à mon besoin. En 14 heures, j’ai dû réaliser 784 Ctrl C/Ctrl V. Une burne inexpérimentée va réécrire un code neuf qui sera souvent faux, allongeant les tests et les corrections. Je pars de vieux codes rodés, sûrs, je gagne ainsi en temps de test. Pour ce record, je suis parti d’un vieux programme que j’avais écrit en 2007, je savais le truc carré.

 Entendez-vous les rumeurs concernant le dopage ?

Mon seul dopant, c’est l’orgueil du champion que de ridiculiser tout mon service et de leur bien faire comprendre que ce sont des charlots. Je n’y peux rien, c’est maladif, j’entends atomiser tout le monde. Ensuite, j’ai une vie très saine, peu de sexe, une alimentation équilibrée étudiée en laboratoire (chips, mars amande, bière).

De nouveaux défis en perspective ?

Mon client était prêt à payer 10 pour un truc faisable en 2… donc je vais m’accorder 8 jours un peu plus peinard.

Mais c’est immoral !!

Arrête ton char, papillon… vous croyez que c’est moral de me mettre dans un poste de pisseur de codes ? Vous croyez que c’est moral de ne plus m’augmenter depuis 10 ans ? Vous croyez que c’est moral que de me faire miroiter des promotions, de l’argent alors que rien ne vient. On m’entube depuis un moment, donc je peux aussi abuser du système.

Avec l’âge, je gagne en productivité, en efficacité… ce gain de productivité, je me le prends pour glander au bureau, très certainement pas pour redemander un autre travail. Il faut bien voir que le grand paltoquet facture 10 à son client… si je fais 5 programmes évalués à 10 jours, en 10 jours, mon salaire sera le même alors que le Paltoquet aura facturé 50 jours. Donc en 10 jours, je produis 1 programme, peu importe si je le code en 2 ou 3 ou 10.

 Belle mentalité !

L’interview s’arrête, le journaliste mange un coup de boule.

Published in:Uncategorized |on août 18th, 2015 |No Comments »

Analyse à froid

Ola amigos,

 « Les relations sociales n’ont pas d’importance pour vous ». Voilà le constat que fit la recruteuse de Pipolia Bank après avoir échangé deux heures avec moi, complété par un test Papi, et une lettre manuscrite dont les caractères mal dessinés, révèle effectivement une personnalité misanthrope.

 Bon, quand elle m’énonça ce verdict sans appel, je protestai « bizarre, entre 2000 et 2010, sur les sites de rencontres, les femmes ne se plaignaient pas de ma personnalité, j’ai quasi rencontré tout Paris avec certains succès mais je vous passe les détails, espèce de vicelarde ».

 Mais en fait, elle avait raison cette psychologue d’opérette.

 Hier, je prenais le métro ligne 9, quand je me retrouvais dans le même wagon que mon collègue Grouillot. Hey merde… je n’ai rien à lui dire à ce petit trou du cul. Donc je fis mine de ne pas le voir. Et j’ai donc passé 20 stations à l’ignorer totalement. On descendit ensemble, feignant toujours de ne pas nous voir et on finira par se saluer qu’une fois, arrivés au bureau.

Même scène ce midi… je me retrouve dans l’ascenseur avec Grouillotte, et là encore, pourquoi irai je lui parler ? Ou lui proposer de manger ensemble ? Ou un plan cul dans un parc ? Même pas envie.

 Suis-je misanthrope ou alors totalement démoralisé d’être dans mon poste actuel ?

 Je crois finalement plus en la seconde analyse. En fait, ça me fait tellement chier d’être là, que j’ai inconsciemment décidé d’être de mauvais poil, de ne lier avec personne, de ne faire preuve d’aucune sympathie envers quiconque.

Chez HNG Assurance, JM me dit un jour « j’aime bien bosser avec toi, on se marre au moins ». Idem, chez Guérilla Assurance, lors de mon départ, le chef de projet avouera à ma commerciale que c’était con que je parte car j’étais très drôle.

Peu importe les compétences techniques ou professionnelles, ces deux types cherchaient avant tout une personnalité. Ce qui se confirma lors de mon entretien chez D2R2 la Moniale, le type finit par lâcher que ça faisait un bail qu’il n’avait pas autant rit à un entretien, exercice toujours un peu formaté et convenu.

 Bref, là, je suis en mode gros connard… je fais la tronche 90% de temps. J’espère que ça portera ces fruits. Dans mon imaginaire, le grand Paltoquet irait voir ma commerciale pour lui dire « dis donc, Benlori, il est lugubre à souhait, dégage le de là, il me fout le cafard ».

Benlori

Published in:Uncategorized |on août 12th, 2015 |No Comments »

Impressions soleil couchant

Ola amigos,

Cette première semaine de découverte de mon nouveau poste s’achève. La semaine prochaine, le Petit Paltoquet part en vacances, et je serais donc amené à le remplacer en tant que team leader. (L’appellation n’est pas de moi, quel mot horrible)

Normalement un team leader doit appliquer les concepts de Process Com, à savoir que les grouillots sont subdivisés en 6 catégories : le rêveur, le travaillomane, le persévérant, le rebelle, le promoteur, l’empathique. En fonction du profil du grouillot, vous devez adapter votre management pour réussir à le faire usiner au mieux. (Vous trouverez quantité de doc sur process com sur google)

 J’ai donc eu une semaine pour identifier les types sur lesquels, je peux compter ou pas, et trouver dans le tas, les créatifs, les besogneux, les ambitieux, les volontaires…

 En fait, je me suis rapidement rendu compte qu’un centre de service (CDS) était composé de deux types de profil.

1/ Les petits jeunes venus de biomécanique des fluides, qui ont atterri dans l’info, par dépit après 3 ans de galère au mac do. Ils ont soif d’apprendre et de bien faire. On peut donc s’appuyer sur eux, même si il faut passer du temps à leur montrer les subtilités du langage JCL, SQL, Cobol et tout le bordel.  

2/ Les vieux routiers…. Qui sont incasables en clientèle, car ayant des troubles de la personnalité, du comportement, ou complétement nul d’une manière générale.

Bon, on a aussi le profil mixte… en face de moi, le jeune se pointe au bureau entre 11h et 12h, l’air totalement ahuri du mec qui semble tout droit sortir de boîte de nuit. Il cumule jeunesse et bras cassé.

 Enfin, pour les (2), il y a aussi des clients complétement cons qui éjectent une pépite de classe internationale. J’ai en tête, le limogeage de moi-même de BZB Assurance pour incompatibilité d’humeur entre un chef pointilleux et mon esprit créatif bien trop puissant pour ce sombre con. (D’ailleurs ‘il continue à lire mon blog qui lui fit grincer les dents à son temps, je lui transmets mes sincères amitiés).  

 

Bref, il ne faut pas que j’enterre rapidement les (2). Un (2) peut être une sorte de génie qu’on a injustement puni en le mettant au CDS alors qu’en fait, il ne demande qu’à fournir un travail en rapport à son esprit brillant.

Hélas, du travail intéressant, il n’y en a pas… donc le (2) est quand même un individu sur lequel on peut difficilement compter. Je suis d’ailleurs un (2) même si je fus un (1) pendant longtemps.

A la fin de cette semaine d’observation, où je disais plus haut, que je devais identifier les mecs fiables ou pas…. Je peux donc conclure, que s’il y a bien un type sur lequel on ne peut pas compter… c’est moi …  

Je suis vraiment mal barré dans cette affaire.

 BenLori

Published in:Uncategorized |on août 7th, 2015 |No Comments »

Vannerie

Ola amigos,

Hier, le grand paltoquet me convoquait dans son bureau pour me présenter le fonctionnement de son centre de service.

J’ai, bien entendu, rapidement annoncé que le poste ne correspondait pas tout à fait à mes hautes qualités démontrées chez Pipo Bank, ou Brankiniola Assurance. Il a donc dû me sortir le grand jeu en disant que c’était un poste de top niveau mondial où j’allais acquérir des compétences de management, voire de commerce car il faut traiter avec un client très exigeant.

 Il commença à m’énoncer qu’un grouillot de base, si on lui donne 5 jours pour faire un programme, il sera tenté de consommer les 5 jours quand bien même il a fini le job en 4. Donc d’emblée, il m’a énoncé qu’une tache que le client paie 5 jours, il faut cacher ce chiffre au sous-fifre et lui annoncer 4 jours.

 Je ne vais pas le contredire, j’ai fait toute ma carrière en consommant tous les budgets quand bien même j’avais terminé depuis belle lurette les travaux confiés.

 Pour débuter, ils m’ont justement filé un truc à coder. On m’avait annoncé 4 justement (c’est donc 5), et j’ai terminé en 3 et des poussières. Donc, je vais glander jusqu’à consommer 4. Le grand paltoquet aurait dû deviner qu’une bête de course comme moi, quand le truc est évalué à 5, il faut dire 3.

 Ensuite, le grand paltoquet m’énonça qu’on est un prestataire vis-à-vis d’un client, et donc il fallait être toujours positif, souriant, diplomate, zen, ne pas utiliser l’ironie mal placée, ni être narquois….. Et là, j’ai effectivement souris…. Me demander de ne pas être ironique, c’est un peu comme si on demandait à ce Don Juan de Hollande d’être fidèle. Ca m’est strictement impossible de ne pas vanner, railler, moquer. J’ai grandi sur les playgrounds de la banlieue nancéenne, et chaque match de basket donnait lieu à une joute sportive mais surtout orale. Quand je pétais un dunk sur la tête de mon adversaire, il fallait bien lui faire sentir qu’il allait prendre cher systématiquement, donc il fallait l’intimider par un sourire narquois, lui dire « dans ta face, mickey » ou simplement laisser traîner un coude pour lui péter l’arcade sourcilière.

 Bon, j’en fais peut être un peu trop là…. Ca ne va plus devenir crédible.

 Enfin bref, j’adore vanner, je n’y peux rien, c’est plus fort que moi. Une femme a un bouton, je ne peux m’empêcher de lui signaler que j’aurais dû lui offrir du biactol etc…. Donc si un client ne me revient pas, il prendra son scud dans la tête.

 Je ne m’en rends même pas compte. En passant le permis, l’inspecteur me fit remarquer qu’aurais pu tourner plus vite, 1 minute plus tard, il me dit « stop, sortez ». Il confia ensuite à ma monitrice que j’aurais souris quand il me fit le reproche. Bref, je l’aurais nargué …

Et que dire de mon licenciement en 2002 pour « arrogance notoire ».

Bref, je me tue à répéter que ce poste ne me convient pas…. Mon truc, c’est l’intercontrat.

Benlori

Published in:Uncategorized |on août 6th, 2015 |No Comments »

je suis dans la mouise

Ola amigos,

 Vous allez bien ? Moi, non…

Je savais qu’aller en centre de service était la pire chose qui pouvait arriver à un informaticien. C’est de l’informatique low-cost, du lidl de la programmation.

L’équipement…. Les plus chanceux ont un TO7 avec crayon optique, les moins chanceux un Mo5, les connexions réseaux sont au ralentie. Quand vous tapez un caractère à l’écran, il s’affiche avec une latence de 5 secondes. Une chaise pour deux personnes, zéro disque réseau donc on ne peut rien stocker, ce qui est très pratique pour s’échanger des documents.

 Les troupes … je m’attendais à plus jeunes… enfin, c’est assez partagé entre jeunes chimistes qui n’ont eu que ça pour sortir du chômage et vieux baroudeurs qu’on colle là pour assurer des délais intenables. Le problème, c’est que le vieux baroudeur, a souvent d’autres prétentions que de coder. Et donc il a le moral très bas. Si on prend Chevelu à ma droite, voilà 6 mois qu’il demande à partir sans succès, au contraire, on lui charge la tête et le pauvre vieux me parle de ses insomnies depuis 6 mois. Sachant qu’on est au 8eme étage, et qu’il est à côté de la fenêtre, je peux légitimement me faire du souci.

Le job … alors comme les autres, je code. Travail que je faisais il y a 18 ans, on se sent alors valorisé par une progression de carrière…. On vous file un document où on vous indique tout ce qu’il faut coder, avec pas mal d’incohérences. Au départ, je voulais jouer au con, en codant les débilités inscrites mais ça ne marche pas. On me demande par exemple d’appeler un programme qui calcule l’âge du capitaine à partir de son numéro de client. Or le programme indiqué ne fonctionne pas à partir d’un numéro de client, et ne donne pas l’âge du capitaine. Alors du coup, je dois remplir un FQR et indiquer dans la FIV que je vais être en retard puisqu’il est impossible de réaliser le travail confié. Comme la réponse arrivera dans 5 mois, on vous donne donc 6 autres trucs à réaliser en même temps. Bien entendu, les 6 travaux n’ont aucun point commun, vous pouvez travailler sur un programme client, mais en parallèle sur un programme comptable. De toutes façons, vous ne savez pas ce que vous faites. Un mec vous donne l’ordre de calculer l’âge du capitaine, vous n’en connaissez pas la raison.

 Moi … ce qui me fait peur, c’est qu’avec ma grande gueule héritée de mes origines italiennes, il y a forcément un jour où je vais exploser et dire des trucs plutôt sanglants maquillés dans l’ironie.

Va-t-on vers un deuxième licenciement au motif « votre arrogance notoire n’est pas compatible avec les métiers du service » ? On peut le craindre.

 Benlori

Published in:Uncategorized |on août 4th, 2015 |No Comments »

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