Serrage de mains

Ola amigos,

Il y a 4 jours, je lisais une BD sur mon canapé en buvant une bière, puis petite sieste interrompue par l’envie pressante générée par la susnommée binouse. On appelle ça une vie sympa, peu génératrice de gaz à effet de serre, écolo-compatible et tout le bordel à la mode lors du grenelles de l’environnement.

Mais pris de remords, je dus me résoudre à stopper cette vie de beatnik pour remettre mon costume de sauveur de l’humanité. Je viens d’intégrer une institution financière de premier ordre, afin d’y apporter mes précieux conseils de sultan des cons (consultant en anglais).

 

Première mission : intégrer le solde comptable hors bilan dans l’infocentre pilotage. Enfin, je dois calculer le coût de la mise en œuvre de ce projet. Parce que oui, j’ai pris du galon, je ne code plus, je chiffre et je donne ensuite le boulot à des auvergnats (des vrais, pas des auvergnats au sens Hortefeu du terme). Là où ça se complique, c’est que je n’ai aucune notion de bilan comptable et je n’ai pas la moindre idée de ce qu’est l’infocentre pilotage. Et donc, c’est simple, le projet coute 112 jours, c’est-à-dire mon poids auquel j’ajoute le PIB Moldave multiplié par la constante de Planck. Je retire ensuite 15 quand je vois mon chef faire une grimace sur mon premier chiffrage de 127.

L’informatique, c’est avant tout de la psychologie. Le chef voulait entendre 115, je lui dis 112, soit un peu moins de ce qu’il avait imaginé donc il valide mon job. Facile, non ?

 

Deuxième mission : paraître sympathique. Etant incompétent et peu motivé, j’ai constaté que la seule chose qui pouvait me sauver dans cet univers où on aime les « winners » était de me rendre sympa aux yeux de mes collègues. Chez Pipolia Assurance, JM me lança « j’aime bien bosser avec toi, on se marre », confirmé par le responsable d’Atlantico Assurance lors de ma démission en présence de ma commerciale de SSII « je vais regretter BenLori parce que je m’entendais bien avec lui, on se marrait ». On ne vante pas ma compétence mais ma bonne humeur communicative.

Or j’ai raté mon entrée en scène ici. En effet, la sémillante Gruselda a fort peu apprécié que je ne vienne pas la saluer personnellement, me contentant d’un « bonjour » lancé à la volée à tout le bureau. L’économie française coule et on devrait passer notre temps à serrer des mains au lieu de bosser avec ardeur sur des projets financiers de top niveau mondial ? Je m’y refuse.

Enfin, non, dorénavant, je vais soigner ma présentation matinale, me montrer attentionné envers Gruselda, lui apporter des chocolats à Noel, l’inviter au Carlton et faire bunga bunga et que sais je encore pour lui faire plaisir.

 

Un boulot bâclé passe nettement mieux quand il est servi avec le sourire. Non ?

 

Benlori


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Published in:Uncategorized |on novembre 18th, 2011 |

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